Guandi 2019

Visite 3D de Tai Yuan (Grottes/Musée) :

Grottes de la montagne Tianlong

A 40 km au sud-ouest de la ville de Taiyuan, se trouve une chaîne de montagne au milieu de laquelle se dresse le mont Tianlong. Il se divise en fait en deux parties, le pic de l’est et celui de l’ouest. Entre les deux, 25 grottes ont été creusées, 12 à l’est, 13 à l’ouest. 25 grottes devenues célèbres grâce aux 500 sculptures et 1144 peintures ou bas-reliefs qu’elles abritent.

Les travaux des grottes ont débuté durant la période de Wei de l’est, sous la Dynastie dite du Sud et du Nord, soit il y a 1400 ans. C’est ensuite sous les Tang, entre le 7ème et le 10ème siècle, que les grottes ont connu leur apogée… Avant de connaître un certain déclin après la dynastie des Ming, de 1368 à 1644. Et à la fin des Qing, début XXème, plus personne ne connaissait l’existence de ces grottes, sinon une poignée de moines et quelques autochtones. Mais par une nuit de 1923, plusieurs hommes, apparemment étrangers, se rendent au Temple Shengshou, sur le mont Tianlong. Ils sont là pour rendre visite au moine Jingliang, avec qui ils semblent vouloir négocier quelque chose. Et pour cause, ils savent que l’on doit passer par ce temple si l’on veut se rendre dans les grottes. Et le moine Jingliang est le personnage incontournable du temple. Les notes historiques attestent que ces curieux visiteurs sont en fait japonais. Une fois en face du moine Jingliang, ils déposent 10 lingots d’or en lui demandant son aide dans leurs manigances visant à s’emparer des objets présents dans les grottes du mont Tianlong.

Ce tribut de 10 lingots d’or est une véritable surprise pour le moine Jingliang, qui n’aurait jamais imaginé que les statues et les fresques à côté desquels il vivaient puissent avoir une quelconque valeur pécuniaire. Mais à la vue de cette petite fortune, là, à ses pieds, la chose lui apparaît soudain étrangement suspecte, et il sent qu’il y a anguille sous roche. Ces hommes en face de lui ne sont pas de petits pillards mais de véritables bandits de grand chemin. Le vieux moine avait vu juste. Il s’agit de trafiquants internationaux d’antiquités. Pourtant, les grottes de Tianlong, perdues dans une zone reculée et montagneuse, étaient très confidentielles. Comment des trafiquants étrangers auraient-ils pu avoir vent de leur existence ? Et quels objets de valeur auraient pu ainsi attirer leur attention ?


Parmi les 4 plus célèbres sites de grottes de Chine, celui de Mogao, à Dunhuang, a été construit en 353 - c’est le plus ancien. Ensuite, la construction des grottes de Yungang, à Datong, a commencé en 453 - ces grottes sont célèbres pour l’immensité des travaux qu’elles ont nécessités. Les grottes de Longmen, à Luoyang, ont pour leur part été creusées en 500, soit 50 ans plus tôt que celles du mont Tianlong. Les grottes de Tianlong qui sont considérées comme un modèle pour les statues bouddhiques chinoises, au point qu’en chinois, l’expression « TianlongShan shiyang » désigne un genre particulier de sculpture.


Musée Jinci

Situé au pied de la montagne Xuanweng, dans la banlieue sud-ouest de la ville de Taiyuan, province su Shanxi, le Temple Jinci doit son nom à la rivière Jinshui qui y prend sa source. Des constructions antiques, des eaux de source pures comme du jade et des statues d'argile extraordinaires attirent les touristes depuis des siècles. Il a été construit pour honorer la mémoire du prince Shuyu, le frère du second roi de la dynastie des Zhou de l'Ouest.

A gauche du Temple de la Sainte-Mère (dont la légende est ci-dessous), on peut remarquer un cyprès vieux de plus de 2000 ans qui aurait été planté sous la dynastie des Zhou, c'est pourquoi on l'appelle aussi le cyprès des Zhou. Ces branches couvrent une salle entière. Dans le Temple Jinci, il y a aussi un sophora vieux de plus de 1000 ans. Les vieux arbres, le cours d'eau, les temples et la Sainte-Mère avec ses servantes parlent à l'imagination des visiteurs.

La légende de la fontaine de Nanlao, source éternelle:

Une vilaine belle-mère, d'aucuns disent une méchante reine, envoyait tous les jours sa jeune bru chercher de l’eau à la source, fort loin.

Plusieurs jours de suite, la jeune femme est arrêtée, au retour, par un cavalier âgé qui lui demande de l’eau pour abreuver son cheval. Comme celui-ci boit toute l’eau, elle est obligée de repartir en chercher chaque fois, ce qui la fatigue énormément.

Au bout de quelques jours, pour la remercier de son bon coeur, le vieillard lui offre son fouet et lui dit d’en frapper la jarre de sa demeure, qui restera éternellement remplie… Finie la corvée d’eau, elle pourra même en donner aux autres habitants du village.

Mais la belle-mère ayant appris le secret du fouet magique, envoie sa bru rendre visite à sa famille. Pendant l’absence de cette dernière, elle jette le fouet dans la jarre, qui se met à déborder continuellement et provoque l’inondation du village.

Avertie du désastre, la jeune femme revient dare-dare au village, mais ne peut remédier à la crue qu’en s'asseyant sur le couvercle de la jarre : dès qu’elle se lève, l’inondation reprend…

Elle finit par mourir d'épuisement sur ce drôle de trône, arrêtant alors le désastre et les villageois reconnaissants lui érigent un temple : celui de la Sainte Mère de l’eau…

C'est depuis ce temps que coule la fontaine, éternellement, mais sans jamais déborder, grâce au sacrifice de cette jeune femme au coeur tendre.