GUANDI, UNE PAGE D’HISTOIRE ET DE LÉGENDE…
Lorsque l’on fête Guan Di, c’est son anniversaire que l’on célèbre. Si différentes versions de son histoire lui attribuent des années de naissance éparses autour de l’an 160 de notre ère, toutes sont en revanche d’accord sur le jour de sa naissance. C’est au 24ème jour du 6ème mois lunaire que celui qui s’appelait encore Guan Yu vit le jour.
Guan Di est un héros guerrier devenu Dieu, célébré par de nombreux récits épiques, popularisé par les migrants Chinois qui se sont placés sous sa protection. Les facettes de Guan Di sont multiples : tour à tour Dieu des militaires, de la justice, des lettres, des commerçants. On lui voue les valeurs morales les plus élevées : fidélité, sincérité, droiture, courage, probité, grandeur, honneur, honnêteté. L’on comprend dès lors qu’il représente un modèle parfait dans le contexte confucianiste. Et l’on comprend également sa popularité.
Guan Yu (ou Guang Kong, selon les versions) a vécu à la fin de l’époque de la dynastie des Han de l’Est. Époque trouble : de nombreuses révoltes paysannes, dont le soulèvement des Turbans Jaunes, agitent le pays. Les luttes d’influence et de pouvoir font éclater l’empire en trois états : au Nord, le royaume des Xei ; au Sud-Est, autour de Nankin, le royaume des Wou ; au Sud-Ouest, dans le Sichuan, le royaume du prince cadet des Han.
C’est la période dite également des « Trois Royaumes ». Les chefs des trois royaumes se livrent une guerre sans merci. Guang Kong, lui, est resté fidèle à la dynastie des Han et fait valoir sa dureté au combat, mais aussi son courage et sa loyauté. Ses prouesses guerrières lui valent une grande réputation. Ce sont surtout ces qualités morales qui retiennent l’attention. L’on raconte ainsi qu’il n’a pas hésité à faire délivrer des généraux ennemis, au nom de leur courage au combat. Ce qui lui a aussitôt conféré une aura de loyauté et de bonté.
Sa bravoure, ses hautes valeurs humaines et ses faits d’armes aux côtés de son frère juré, Liu Bei, futur Empereur fondateur de la dynastie des Han de Shu, sont relatés et chantés dans « le Roman des Trois Royaumes », œuvre historique épique composée au milieu du XIVème siècle de notre ère par Luo Guan Zhong, qui y retrace les événements politiques et militaires de l’époque.
Au XVIème siècle, Guang Kong fut divinisé, sous le nom de Guan Di, par l'empereur Sheng Dong de la dynastie des Ming. Il devint protecteur du pays, dieu de la guerre, patron des soldats mais aussi des entreprises lucratives. Nommé « grand empereur qui aide le ciel et protège l’Etat », il est depuis lors célébré afin de protéger l’avenir des familles.
Guan Di, des images et des symboles
Dans les temples Thiaw Law Tong et Chane, c’est surtout Guan Di que l’on fête et vénère. Et l’on trouve ainsi toute une symbolique dans ce lieu, lié au personnage de Guan Di, « Grand Empereur qui Aide le Ciel et Protège l’Etat », Dieu des militaires, de la justice, des lettres et des commerçants. Dans les différents temples qui lui sont consacrés, huit caractères chinois résument d’abord les grands principes attachés à son culte et sa philosophie :
- 忠心 (zhōng xīn), fidélité;
- 精诚 (jīng chéng), sincérité ;
- 懿 (yì), droiture ;
- 勇气 (yǒng qì), courage ;
- 正气 (zhèng qì), probité ;
- 大 (dà), grandeur ;
- 名誉 (míng yù), honneur ;
- 诚实 (chéng shí), honnêteté
Sa légende est telle que de nombreux symboles lui sont attachés, que l’on croise dans les temples : chaque autel, chaque stèle, chaque bas-relief, chaque hallebarde, possède une signification, liée à une valeur ou une qualité de Guan Di.
Et le masque rouge qui orne son visage a également pris une dimension emblématique. L’histoire raconte qu’un dignitaire corrompu avait enlevé une jeune femme pour en faire sa maîtresse. Guan Di vola au secours de la captive et tua son ravisseur qui avait même tenté de l’acheter. Il se cacha ensuite dans un temple pour échapper à ses poursuivants, mais les soldats y mirent le feu. Il fut alors contraint de bondir sur eux et les massacra jusqu’au dernier. Les flammes lui ayant rougi le visage, il put quitter la ville incognito. Depuis, le masque rouge est le symbole d’intégrité et de droiture.
La cérémonie qui accompagne la célébration de son anniversaire est aussi une suite de scènes et d’images empreintes de symbolisme fort, puisant ses références dans l’histoire du guerrier devenu Dieu.
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Guan Di, un rituel, une fête…
La fête de Guan Di est la célébration du guerrier devenu Dieu. Et c’est à cette date que, chaque année, partout dans le monde, les temples dédiés à celui qui est devenu Guan Di s’illuminent et s’animent.
Toutefois, les fidèles viennent régulièrement au temple, tout au long de l’année, car la tradition veut que l’on consulte Guan Di avant de prendre une décision importante, tant dans sa vie familiale que dans sa carrière professionnelle. Le point culminant étant ce jour-anniversaire, pendant lequel on vient lui apporter diverses offrandes, le remercier pour les bienfaits de l’année écoulée et le prier pour l’année à venir. Pour cela, bien des jours auparavant, on aura procédé à un grand nettoyage du temple.
Les offrandes sont d’abord alimentaires. Sur la table centrale du hall principal du temple, les plateaux sont remplis de viande de porc et de poulet, de cabris, et de vermicelles, cependant que fruits et gâteaux sont disposés dans des assiettes de chaque coté. Les porte-bougies et les vases sont ensablés pour accueillir les bâtonnets d’encens devant chaque autel, intérieur et extérieur, avant de les disposer dans chaque vases et urnes.
Les offrandes sont ensuite symboliques. Il s’agit notamment de feuilles de papier dorées et argentées, représentations de billets monétaires, que l’on fait brûler dans de grands fours. La fumée qui émane est alors censée transmettre au Dieu l’offrande qu’on vient de lui faire. Les traditionnels pétards, comme à l’accoutumée, viennent ponctuer la fête afin d’éloigner les démons qui pourraient toujours rôder.
La célébration de Guan Di se déroule traditionnellement sur deux soirées. La première, axée sur le rite des offrandes, se termine par la dégustation des mines de longévité, dont la fonction symbolique est inscrite dans le nom. La seconde soirée, plus familiale et festive, réunit l’ensemble des fidèles autour d’un dîner pour lequel on aura cuisiné les offrandes alimentaires du Dieu Guan Di.
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